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Burkina Faso : « Nous ne sommes pas neutres », le réquisitoire au vitriol d’une activiste contre Ibrahim Traoré

  • Writer: La redaction du Journal
    La redaction du Journal
  • Jul 16
  • 2 min read

Dans une lettre ouverte d'une rare virulence adressée au lieutenant-colonel Lassané Porgo, Hélène Nana, figure de la veille citoyenne de Ouagadougou, brise le silence. Entre dénonciation de la corruption, dérives autoritaires et présence des mercenaires russes, elle livre un réquisitoire sans concession contre le régime de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.

Un pays « pris en otage » : le cri de colère d'une citoyenne

Pour Hélène Nana, l'heure n'est plus à la neutralité. Face à la crise multidimensionnelle que traverse le Burkina Faso, l'activiste pointe du doigt ce qu'elle qualifie de faillite sécuritaire et morale de l'État.


« Comment pouvons-nous être neutres quand le Burkina Faso est devenu un mouton de Tabaski que la famille Traoré partage avec ses amis ? » s'insurge-t-elle.


L'auteur de la lettre dénonce une dérive autoritaire où la justice serait désormais « aux ordres » et où les libertés fondamentales sont piétinées, alors même que le chef de l'État avait juré de respecter la Constitution et l'État de droit


Des accusations graves : corruption, or et mercenaires russes

Au-delà de la critique politique, la lettre ouverte formule des accusations extrêmement graves à l'encontre du pouvoir en place :


La gestion de l'effort de guerre : Hélène Nana s'interroge sur la destination réelle des fonds collectés depuis trois ans pour l'effort de guerre.


La présence du groupe Wagner : Elle fustige le recours à des mercenaires russes, affirmant qu'ils sont payés « 5 millions de francs CFA par mois » pour assurer la sécurité d'Ibrahim Traoré, tandis que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) burkinabè toucheraient « 30 fois moins ».


La fuite des capitaux : L'activiste évoque l'envoi massif d'or vers la Russie et accuse des proches du pouvoir de convoyer des sommes astronomiques à l'étranger.


Le choix de la résistance face à la « dictature »

S'adressant directement au lieutenant-colonel Porgo, qu'elle accuse de complicité et de lâcheté face aux dérives du régime, Hélène Nana réaffirme son engagement absolu pour le retour à l'ordre constitutionnel.


Elle appelle ouvertement à la mise hors d'état de nuire d'Ibrahim Traoré et de son entourage, comparant le destin du dirigeant burkinabè à celui d'anciens dictateurs africains déchus tels que Moussa Dadis Camara, Samuel Doe ou Charles Taylor.


« Nous sommes pour la démocratie et la bonne gouvernance. Nous sommes pour un Burkina Faso libre, une justice indépendante, une liberté d’association et de culte », conclut-elle, signant un texte qui risque de faire grand bruit à Ouagadougou

 
 
 

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